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Nous tenons à remercier ici la société "Creative Editions & Productions s.p.r.l." de nous avoir autorisés à diffuser sur notre site l'article suivant, publié dans le n° 114 d'octobre 2002 du Monde Dentaire. Notes
de J-M Danze Les
alliages métalliques utilisés en dentisterie, Un entretien
avec Jean-Marie
Danze * Le Monde Dentaire: Monsieur Danze, vous êtes connu en Europe pour vos prises de position en pointe dans le domaine de la pollution électromagnétique. Pouvez-vous nous expliquer d’où vient l’intérêt que vous portez aux problèmes de santé liés aux alliages dentaires? J.M. Danze: La biophysique est une science qui concerne les relations entre le monde vivant et la physique. Quoi de plus naturel, dès lors de s’intéresser à des phénomènes électrochimiques se produisant dans la bouche de certaines personnes. De plus, j’ai rencontré il y a plusieurs années un éminent toxicologue belge (dont les ouvrages avaient été traduits en 29 langues): Marc Lefèvre, décédé depuis, qui m’a enseigné la toxicologie. Il m’avait offert l’ouvrage «Toxicity of Industrial Metals» par Ethel Browning (Ed.Butterworh, London, 1960). Le Monde Dentaire: Pouvez-vous nous expliquer ces phénomènes plus en détails? J.M.D.: C’est très simple, nous avons tous appris cela lors de notre passage dans l’enseignement secondaire. Lorsque deux métaux différents sont simultanément plongés dans un électrolyte commun, il apparaît entre ces deux métaux une différence de potentiels électriques. Celle-ci se mesure en Volts (V) ou en millivolts (mV). C’est le modèle de la pile Leclanché (1877). Le Monde Dentaire: Oui, bien sûr, mais dans la cavité buccale? J.M.D.: Nous savons que la salive est un électrolyte de composition très complexe, voisine de celle de l’eau de mer , dont le pH varie entre 6,3 et 7,3 et dont la température oscille autour de 37 °C. Lorsque, dans la cavité buccale, des alliages ou des amalgames de compositions différentes sont en présence, il apparaît parfois des différences de potentiels électriques entre deux pièces métalliques. Ces différences de potentiel (mesurées en valeurs relatives) peuvent atteindre jusqu’à 1500 mV et même davantage. Le Monde Dentaire: Mais comment expliquez-vous que ce n’est vraiment que depuis peu de temps que l’on s’intéresse à ce problème? J.M.D.:
On attachait jadis peu d’importance à ce phénomène, sans doute parce qu’on
ne concevait pas qu’il pût être à la base de processus iatrogènes, mais
aujourd’hui, le développement des connaissances en physiologie et particulièrement
en toxicologie des métaux a mis la question des métaux prothétiques à
l’avant plan de l’actualité. Très récemment, du reste, le journal français
de l’association de consommateurs «Que choisir» de janvier 2002
pose très clairement la problématique des couronnes dentaires et des prothèses
buccales contenant du nickel. Le Monde Dentaire: Quelles peuvent être les conséquences pour la santé de ces phénomènes électro-galvaniques? J.M.D.: Les effets galvaniques dans la cavité buccale peuvent avoir deux types de conséquences nuisibles: 1. la différence
de potentiels engendrée par la ou les «piles» peut par elle-même perturber
le système neuro-végétatif du patient. N’oublions pas qu’actuellement, on
admet que le potentiel de fonctionnement des membranes cellulaires (neurones)
est d’environ 45 mV (Prix Nobel 1991, B. Sakmann et E. Neher). Or, durant
le sommeil, le contact entre les mâchoires n’est pas fixe et la plupart des
gens normaux accusent un très léger bruxisme, ce qui transforme alors le courant
continu de base en impulsions lesquelles peuvent constituer des informations
électriques perturbatrices. 2. lorsque
deux métaux différents constituent une pile, l’élément métallique le plus
réactif (selon la convention choisie, le plus électropositif) passe progressivement
en solution sous la forme d’ions. La salive, avec sa composition particulière
est un milieu idéal pour constituer l’électrolyte de cette pile entre les
masses d’obturations ou de prothèses en présence dans la cavité buccale. Il
se développe alors tout simplement un processus de corrosion électro-galvanique. Le Monde Dentaire: Comment des praticiens de l’art dentaire peuvent-ils aborder ces problèmes in situ en vue d’y apporter une solution? J.M.D.: En matière de santé publique, ces motifs justifient amplement l’intérêt que tout thérapeute doit accorder aux phénomènes galvaniques dans la cavité buccale. Lors d’un entretien que j’ai eu récemment avec mon ami Jean Huss, un des initiateurs de l’Ambulance Environnementale du Grand Duché de Luxembourg, il m’a déclaré: «Peux-tu imaginer que bon nombre de personnes venant consulter les spécialistes de l’ambulance environnementale voient les problèmes de santé mal définis qu’ils attribuaient à l’environnement domestique résolus par élimination de métaux dentaires?» Le Monde Dentaire: Oui, mais en pratique? J.M.D.: Le point
1 peut être facilement appréhendé et circonscrit grâce à la mesure des différences
de potentiels, au moyen d’électrodes spéciales (autoclavables) adaptées à
un simple millivoltmètre. On procède par mesures croisées. Le millivoltmètre
indique la polarité de la pile buccale et le pôle le plus négatif sera constitué
par l’alliage à éliminer. Il s’agira en général d’un alliage en métal vil
ou d’un amalgame. Le Monde Dentaire: Des appareils mis sur le marché mesurent le potentiel entre la pièce métallique prothétique et la muqueuse de la joue. Cette mesure est-elle significative? J.M.D.: Certains
thérapeutes mesurent le courant galvanique entre la pièce prothétique et la
muqueuse de la joue ou entre la pièce prothétique et la peau, ceci constitue
une erreur, car la résistance interne de la pile ainsi mesurée est très élevée
et ne reflète pas la réalité. Le Monde dentaire: Existe-t-il des appareils permettant de mesurer à la fois la différence de potentiels et le courant galvanique en mA? J.M.D: Il existe sur le marché allemand des appareils mesurant simultanément et enregistrant sur imprimante la différence de potentiels et le courant galvanique en micro-ampères (intensité du phénomène de corrosion indiquant la quantité d’ions libérés). Ces appareils sont pratiques et fiables, mais un simple multimètre d’électricien muni d’électrodes adéquates peut fournir le même résultat. Il suffit d’acquérir un certain tournemain ! Le Monde dentaire: Lorsqu’on décide de poser dans la bouche d’un patient une prothèse métallique ou un type d’obturation particulière, devrait-on prendre certaines précautions? J.M.D.: Ceci
concerne le point 2 évoqué ci-dessus. Voyons ce que nous disent les lois
de l’électrochimie : il existe une échelle de potentiels d’oxydo-réduction
des métaux (tableau 1)[7].
Nous y trouvons par exemple : Zn Si du zinc est mis en présence de cuivre dans une solution d’électrolyte, il va être mis en solution par le cuivre : Cu Car un métal ayant un potentiel de réaction négatif va déplacer un autre métal dont le potentiel est relativement plus positif. La protection de pièces métalliques en acier (Fe) par galvanisation (Zn) est une application technologique de ce phénomène. Le zinc protège le fer en passant en solution. Fe
DmV = 323 mV
Tableau
des potentiels redox des métaux utilisés en dentisterie (le zéro est donné
par l’électrode normale à hydrogène -E.N.H.)
Pendant la 2ème
guerre mondiale, on laissait descendre le long de la coque des «Liberty Ships»
attendant leur armement à quai, des cylindres de zinc reliés à la coque par
des câbles soudés. Le zinc se corrodait en polarisant la coque et en laissant
ainsi le fer intact, grâce à une différence de potentiels d’environ 323 mV
(l’eau de mer servant d’électrolyte pour la pile ainsi formée). Aujourd’hui,
on réalise le même montage pour protéger des carcasses en acier de bâtiments,
mais en utilisant des électrodes en magnésium (dont les sels sont moins polluants
que ceux de zinc) Le Monde Dentaire: Dans le tableau que vous nous présentez, il y a des métaux plus couramment utilisés que d’autres en dentisterie. Parmi ceux-ci y en a-t-il qui présentent plus de nuisances que d’autres? J.M.D.: Nous
savons aujourd’hui que 28 métaux différents (et 2 non métaux) sont utilisés
dans la réalisation des prothèses dentaires métalliques. Le Monde Dentaire: Mais, les métallurgistes nous indiquent que beaucoup de métaux, peuvent se recouvrir rapidement d’une couche d’oxyde ou d’hydroxyde, ce qui induit une passivation vis-à-vis d’une corrosion plus profonde! J.M.D.:
Dans tous les processus de corrosion, des phénomènes de passivation
temporaire ou de dépolarisation peuvent, soit ralentir, soit activer le passage
des ions en solution. Le Monde Dentaire: Certains professeurs français de chirurgie dentaire nous indiquent que le fait d’inclure un métal dans un alliage, par exemple, le mercure dans un amalgame contenant de l’étain, crée une nouvelle molécule chimique où les composants perdraient leurs propriétés chimiques individuelles. J.M.D.: Un point
important doit retenir notre attention : la métallurgie classique nous apprend
que les phénomènes de corrosion sont accentués par la présence d’impuretés
contenues dans les métaux. Et tout métal joue pour l’ensemble de l’alliage
où il est présent, le rôle d’impureté. Le Monde dentaire: Et si nous abordions maintenant le cas tellement controversé des amalgames? J.M.D.: Les
amalgames sont en quelque sorte des alliages réalisés à température ambiante.
Donc, le mercure qui, à cette température est à l’état liquide (il constitue
51 % de l’amalgame), est mélangé à une poudre contenant de l’argent, du
cuivre, de l’étain, du zinc et du mercure. Les particules de poudre sont
des agrégats d’atomes et il va de soi que leur dispersion dans le mercure
liquide laissera subsister bon nombre de ces agrégats. Il n’y aura pas
de mise en solution totale des métaux dans le mercure. Examinée au microscope
électronique, une coupe dans un amalgame montre des agrégats bien différenciés
de l’alliage mercuriel périphérique proprement dit (plus homogène). Chaque
grain ainsi différencié va former avec le mercure alentour, dans la salive,
une micro-pile avec mise en solution du métal le plus électropositif,
c’est à dire l’argent, le zinc, l’étain ou le cuivre. La corrosion va
lentement progresser en profondeur... Si, dans la cavité buccale, on place
en plus une couronne en or, une nouvelle pile va se former, mais cette
fois entre le mercure et l’or et le mercure va passer en solution sous
la forme d’ions Hg2+ . Des micro-excavations vont apparaître
et former des canalicules qui s’étendront à la masse de l’obturation.
Le phénomène de corrosion du mercure des obturations en amalgames était
déjà connu des fabricants d’amalgames en Allemagne depuis les années 1960,
comme cela a été formellement établi par l’Expertise de l’Institut de
Toxicologie de l’Université de Kiel en 1995 [2].
Il est donc impensable que ces connaissances n’aient pas filtré dans d’autres
pays européens. Le Monde Dentaire: On nous indique souvent que l’alimentation et principalement les poissons constituent un facteur d’apport important de mercure dans nos tissus. J.M.D.: Les déclarations de l’Organisation Mondiale de la Santé, prétendant que l’absorption maximale de mercure pour le public en général proviendrait principalement de la consommation de poisson (et reprises en choeur par les responsables de Santé Publique) sont tout simplement ridiculisées par le Rapport d’expertise de l’Université de Kiel. Il serait peut-être bon de se poser maintenant la question de savoir si les experts de l’O.M.S. ont bien pour objectif la protection de la santé. De toute manière, si telle est bien la position de ces experts, on peut s’interroger sur les motifs d’un tel manque de rigueur de la part de personnalités qui devraient être au dessus de tout soupçon. Le Monde Dentaire: Mais, comment expliquer que suite à une expertise de l’Université de Kiel, aussi convaincante les pouvoirs publics ne légifèrent pas de façon énergique? J.M.D.: Nous pouvons dire d’une manière générale que certains responsables de Santé Publique font preuve de grande légèreté. Ceci apparaît déjà dans le Rapport d’Expertise de l’Université de Kiel (sans compter les pressions exercées par l’administration allemande pour étouffer l’affaire). En ce qui me concerne, je pense qu’il s’agit comme dans beaucoup de domaines en matière de santé publique, d’une vision économique à court terme. Le coût de la solution n’est pas évalué en économie de sécurité sociale que représenterait un recul de maladies iatrogènes liées à certains métaux dentaires, mais en coût immédiat de dépose des amalgames et de leur remplacement. Le Monde Dentaire: Pourtant la nocivité du mercure pour l’environnement est reconnue! On a interdit son utilisation dans les traitements du bois à cause de sa pérennité. On pose également aujourd’hui le problème de la présence d’obturations dentaires en amalgame dans les résidus gazeux des crématoriums. J.M.D.: Le mercure
contenu dans un flacon en polyéthylène souple et incassable (pour éviter de
répandre le métal volatil à température ambiante), porteur d’une étiquette
mettant en garde contre tout danger de manipulation devient inoffensif dans
une obturation dentaire ! Le miracle s’accomplit ... dans le cabinet du dentiste.
Le paradoxe devient d’autant plus évident que les rejets de déchets de fraisages
d’amalgames dans les cabinets dentaires posent des problèmes pour l’environnement. Le Monde Dentaire: Mais, on nous répète, qu’on ne trouve que très rarement du mercure dans le sang et dans l’urine de porteurs d’amalgames! J.M.D.: Oui,
certains toxicologues tentent de nous montrer que l’intoxication mercurielle
suite à la présence d’amalgames n’existe pas puisque les doses de mercure
trouvées dans le sang et dans l’urine sont pratiquement les mêmes pour
tous les individus, même pour ceux qui ne sont pas porteurs d’obturations
en amalgames. Ils perdent évidemment de vue que le sang et l’urine ne
sont que des sites de passage pour le mercure, soit sous forme vapeur,
soit sous forme de sels ou sous forme de méthyl-mercure. On apercevra
une importante augmentation du mercure sanguin et urinaire le lendemain
de la dépose d’un amalgame sans précautions, par exemple [9]
Le Monde Dentaire: Vous sous-entendez que le flou est entretenu en tentant de nous présenter des données fausses sous des aspects de vérités indiscutables ? J.M.D.: Je ne fais que constater des faits. Les problèmes historiques du sang contaminé, de l’amiante, de l’encéphalite bovine spongiforme, des hormones de croissance, ont montré de façon indiscutable que les décideurs élus par la population ont fait passer les préoccupations économiques avant les problèmes de santé publique. Ces scandales n’ont été mis en lumière que grâce à certains journalistes indépendants faisant réellement leur métier d’informer. D’autres problèmes de santé vont s’imposer à nous dans les mois qui suivent à propos des téléphones portables et des antennes relais et les politiques continuent à suivre les pressions des industriels en reniant le principe de précaution, tel qu’il a été formulé et approuvé par ces mêmes politique lors de la Conférence de Rio. Toutes ces aventures douloureuses pour bien des familles et des individus touchés auraient pourtant dû faire réfléchir les experts qui conseillent les politiques, à moins que les décideurs ne soient plus les politiques! Ce comportement nous montre que la santé des citoyens n’a souvent de poids que dans les discours politiques de campagnes électorales mais qu’en réalité elle cède souvent le pas à d’énormes intérêts financiers dissimulés sous le masque de l’intérêt collectif. Le Monde Dentaire: Quelles solutions concrètes pouvons-nous proposer ? J.M.D.: Il est clair que les alliages métalliques dentaires et les amalgames posent un certain nombre de problèmes.
Références bibliographiques [1]
Soremark R. Et al., «Influence of some dental restorations on the concentrations
of inorganic constituents of the teeth»,Dep. Prosth.
and Clinical Lab. of Royal Sch. Dent., 1962.
Des études suédoises de l'Université d'Uppsala, publiées en
2001 éclairent notre position concernant les blocages par des métaux de
substitution dans divers mécanismes enzymatiques. Les auteurs ont remarqué
que chez des patients porteurs d'amalgames, des traces de mercure étaient
présentes dans certains globules sanguins, alors que chez des sujets témoins,
il n'y avait pas de mercure. Chez les personnes porteuses d'amalgames,
des élévations des taux de cuivre, de fer, de zinc, et de strontium ont
été révélés dans le plasma.). Les érythrocytes (globules rouges) contenaient
un taux plus élevé de calcium et un taux faible de magnésium, de cuivre,
de manganèse et de zinc. Les taux plus élevés de calcium, de magnésium,
de manganèse et de cuivre, ainsi que des diminutions du zinc ont été révélés
dans les granulocytes neutrophiles des patients concernés [15].
Tout ceci semble indiquer un déséquilibre de la fixation de ces métaux
présents eux aussi en traces (les positions normales étant vraisemblablement
occupées par le mercure ou par d'autres métaux composant l'amalgame: étain,
argent, gallium, indium…). Références bibliographiques annexes: [15]
Lindh U., Carlmark B., Grönquist S.O., Lindvall A.; " Metal exposure
from amalgam alters the distribution of trace elements in blood cells
and plasma" ; Clin. Chem. Lab. Med, 39 (2),pp.
134-142 (2001). ______________________________________________________________ (*)Licencié ès Sciences Chimiques, Univ. Liège, ex assistant à l’Institut de Pharmacie, Consultant en biophysique. Janvier 2003 ---------------------------------------------------------------------------------------- Depuis plusieurs années, nous avons élaboré
des collections de tubes-tests contenant les différents métaux
et non métaux utilisés dans les prothèses dentaires. Liste des METAUX et NON METAUX utilisés dans les Prothèses
Dentaires (31 éléments) :
La collection complète est disponible au prix de 190,- Euros (TVA comprise) – 195,- Euros port compris. Remarque : Certains métaux comme le Plomb et le Cadmium, par exemple,
sont interdits en art dentaire. Nous les avons cependant repris dans la
collection, car il s'avère que certaines prothèses fabriquées
en Asie du Sud-Est en contiennent des traces.
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